LE GOLEM (2004)


Création à institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières (08)

 
Le Golem, qui se présente habituellement sous la forme d’un être artificiel, se présente ici sous celle d’un homme. Un homme sans mémoire, évidé de ce qui constitue son identité. Cet évidement lui permet par un transport onirique de s’abandonner aux figures de son rêve, d’en devenir l’objet.
 
Un abandon de soi-même qui lui permet d’accéder aux territoires secrets de son être. Ce voyage vertigineux dans le temps et l’espace le conduit au point crucial de l’origine.
 
Une fois que l’on a tout oublié, que reste-t-il de nous et de quoi sommes nous composés. Quelle est la matière qui a donné forme à notre existence et peut-on exister sans en connaître l’origine. Chez Meyrink, les questions trouvent une réponse spirituelle, le spectacle laisse ces questions en suspens, libre à chaque spectateur rêveur d’apporter sa réponse.
 
Avec le parti pris de resserrer le propos sur les thèmes de la quête identitaire et de la création, la dramaturgie a procédé à une épure de la trame narrative du roman. De tous les personnages du ghetto, seuls cinq des personnages constituant la sphère intime de Pernath ont été conservés. Zwakh marionnettiste, Vrieslander sculpteur, Prokop musicien et Rosina la Femme, sont représentés par des acteurs masqués. Leur gestuelle s’apparente à celle de marionnettes. Le rabbin Hillel, guide spirituel de Pernath, apparaît sous forme de marionnette flottante. La confrontation du corps de l’acteur, à ces présences marionnettiques, conduit à un rapport de jeu qui brise les frontières entre le vivant et l’inanimé.
 
Le Golem, protagoniste mental, s’incarne sous diverses formes. Il est ombre, reflet, mannequin et silhouette du double de Pernath. La mise en scène en suscitant la rencontre de l’acteur et de la marionnette, du monde concret et du monde virtuel, dessine les figures singulières de cet univers fantastique.


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