GLOUCHENKO (2009)


Création au Salmanazar, Scène de création et de diffusion d’Epernay (51)

Glouchenko est un des chapitres du roman Bardo or not bardo, dont lesparties, indépendantes les unes des autres, constituent un tout traitant d’un seul et même sujet : l’arrivée dans le bardo, espace intermédiaire entre la vie et la mort dans l’imaginaire bouddhiste. Mais ici, dans le texte d’Antoine Volodine, l’humour est omniprésent et les morts ne veulent pas quitter leurs ridicules habitudes de vivants.  L’écriture d’Antoine Volodine (et notamment le roman Bardo or not bardo) contient en charge une dimension d’étrangeté qui constitue un matériau théâtral d’exception. Dans Glouchenko, c’est la justesse du propos liée à son contexte qui génère son adaptation sur le plateau. Nous y sommes ailleurs, dans le Bardo, un endroit de questionnement métaphysique où l’on esquisse une réponse à la finitude humaine et à son éternel recommencement. Ce nouveau continent romanesque, endroit de pertinence théâtrale, envisage la scène comme un lieu de passage, monde intermédiaire entre les vivants et les morts et renouvelle en ce sens le théâtre rituel des origines, en y explorant le thème de la réincarnation et en y  distillant un comique de situation omniprésent.
 
Il existe, dans le champ lexical contemporain, de nouvelles voies marionnettiques qui sont autant de métaphores du corps morcelé, du corps comme présence évanescente et comme dédoublement. Les représentations du corps humain, la manière dont la marionnette permet d’aborder certains sujets relatifs au corps (mort, sexualité), la nature d’un matériau qui recrée du réel, l’illusion des processus de perception et le rapport au virtuel mettent en jeu la relation qui se joue entre le vivant et l’inerte.Nous sommes à un endroit inattendu de la forme marionnettique : la réplication du vivant. Recréer l’illusion du vivant est la pierre angulaire du travail du marionnettiste sur laquelle repose parfois tout l’esprit de la représentation. Même dans les spectacles les plus distanciés, la
marionnette garde cette relation privilégiée avec le vivant. Dans Glouchenko, nous explorons ce rapport en répliquant le corps d’un personnage en présence vidéo. L’objet vivant et tridimensionnel qui est recréé est proche de la réalité et pourtant totalement tissé d’illusion. En projetant en vidéo certains des personnages sur un fond noir et sur un film transparent, nous créons des fantômes hyperréalistes, tridimensionnels, proches d’hologrammes errants sur le plateau comme des coques creuses. Le fantôme y est perçu comme un matériau résistant à l’oubli. Dans cet univers, c’est la projection vidéo qui «incarne» le fantôme et étend le champ lexical de la marionnette. C’est une incarnation du comédien filmé qui apparaît sur le plateau. Ici, l’écran, support de
projection est effacé, au profit de l’objet projeté, spectral et troublant.
 
Durée:50min. Théâtre et présence vidéotique.
 
L'Equipe
Mise en scène : David Girondin Moab - Assistant de mise en scène : Angélique Friant – Création lumières et vidéos : Yragaël Gervais – Création sonore Uriel Barthélémi – Avec la voix de Goeffroy Barbier, Comédien vidéo projeté : Fabien Joubert – Avec David Van de Woestyne et Benjamin Duval

Production : Compagnie Pseudonymo - Coproduction : Théâtre le Salmanazar scène de création et de diffusion d’Epernay

Dates de Tournée
2009 - Création les 17 et 18 Novembre au Salmanazar, scène de création et de diffusion d’Epernay (4 représentations)
2010 - Le 25 Juin au Festival Brise Glace à Reims
du 08 au 27 juillet à la Caserne des Pompiers lors du 64ème Festival d’Avignon (18 représentations)
2011 - Les 18, 19 et les 22, 23 Mars à la Comédie CDN de Reims


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